
Communiqué de presse de la FSE
L'Unef veut détruire la grève, la grève continue !
publié le 30 novembre 2007
Après avoir négocié la LRU avec Pécresse et Sarkozy au mois de juillet, après avoir refusé de mettre en avant le mot d'ordre d'abrogation de la LRU alors qu'il est porté par les coordinations nationales et les Assemblées Générales depuis le mois d'octobre, après avoir fait un coup de force anti-démocratique en envoyant des dizaines de faux délégués à la coordination de Tours, après avoir retenté ce coup de force à Lille et suite à son échec, avoir dénoncé cette coordination auprès des médias, la direction de l'Unef appelle carrément à cesser la grève.

La FSE condamne fermement cette tentative de briser le mouvement.
La mobilisation continue à s'amplifier, les lycées sont de plus en plus nombreux à la rejoindre, les Assemblées Générales de personnel enseignant ou non-enseignant sont de plus en plus nombreuses à soutenir les étudiants, et à les rejoindre dans la grève.
Le gouvernement multiplie les effets d'annonce, l'augmentation du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche promise ne résulte pas du mouvement, elle était déjà annoncée dans le programme électoral de Sarkozy ! De plus ce budget consiste en divers cadeaux fiscaux aux entreprises, en rattrapage de sommes non versées les années précédentes, en rénovations immobilières déjà prévues dans les plans Etat-régions de 2000-2006 et non-payées, en financement de l'autonomie des universités et autres menus ajustements.
Le budget prévu ne correspond absolument pas aux besoins réels de l'université et de la recherche, il n'y a ni augmentation massive du nombre et du montant des bourses, ni construction de logements universitaires à hauteur des besoins, ni recrutement massif de personnel statutaire enseignant ou non-enseignant etc,etc.
Le gouvernement veut acheter la paix social mais il n'y met même pas les moyens !
Les autres promesses sont ridicules ou mensongères, les frais d'inscriptions même quand ils sont fixés par l'Etat augmentent chaque année beaucoup plus que l'inflation, certains diplômes d'universités (DU) coûtent déjà jusqu'à 5000€, et par ailleurs c'est une volonté affichée (De Villepin en février 2007 par exemple ou Sarkozy pendant sa campagne) de parvenir à faire payer les étudiants, même si c'est suffisamment risqué pour que le gouvernement ne s'y attaque pas encore de front. La sélection n'est pas encore dans la loi mais l'obligation de pré-orientation est une condition de l'inscription et un élément déguisé de marche-pied à une future sélection, le cadrage national des diplômes est détruit depuis la mise en place du LMD et la LRU renforce cet état de fait, cela n'a rien avoir avec une validation a posteriori des diplômes par le ministère.
Tout cela suffit visiblement à la direction de l'Unef, mais l'Unef n'a jamais porté les revendications réelles du mouvement et en premier lieu l'abrogation de la LRU !
L'Unef qui n'a pas appeler une seule fois à la grève et qui n'a rien fait pour lancer la mobilisation n'a aucune légitimité pour appeler à cesser la grève, cet appel restera d'ailleurs vain, il contribuera simplement encore plus à la colère des étudiants mobilisés contre l'Unef.
La FSE considère que les revendications du mouvement c'est-à-dire celles mises en avant par les coordinations nationales n'ont absolument pas été satisfaites et que par conséquent rien ne justifie de cesser la grève.
La FSE appelle à continuer et à renforcer la grève et les piquets de grève jusqu'à satisfaction des revendications !

Quatre semaines après l'entrée en grève des étudiants contre la loi Pécresse, étudiants mais aussi lycéens ne désarment pas. Une quarantaine de sites universitaires et une centaine de lycées étaient toujours, hier mobilisés.
"La coordination appelle à poursuivre la mobilisation jusqu'à l'abrogation, les blocages et les grèves car nous ne sommes pas satisfaits de ce qu'a proposé Valérie Pécresse mardi, contrairement à l'Unef ", a déclaré Kamel Tafer, l'un des porte-parole de la coordination nationale étudiante
Par exemple, "le cadrage national des diplômes est une promesse mais elle ne prend pas la forme d'une loi ou d'un décret"
l'Unef a appelé, hier soir, « les assemblées générales » étudiantes à « la levée des blocages et à la suspension de la grève ». Pour Bruno Julliard, le président de l'Unef, les promesses de Pécresse sont des avancées satisfaisants.
Une prise de position immédiatement contestée par une branche minoritaire de l'Unef qui a lancé de son côté un appel "à amplifier le mouvement étudiant".


3000 manifestants ont défilé, le mardi 27 novembre dans les rues de Toulouse, pour réclamer l'abrogation de la loi Pécresse.

"Je suis complètement solidaire d'eux. Si on veut avoir moins de ghettos dans ce pays il faut donner accès à la jeunesse aux universités et pas comme aux États-Unis, comme à l'université d'Harvard, où l'argent est essentiel. Ces écoles d'élites qui sont fermées, cloisonnées, accessibles à certaines élites justement vont créer davantage de ghettos . Si on doit confier les universités à des entreprises, on va dans le mur".

Fermeture administrative de l'Université du Mirail
Aujourd'hui, lundi 26 Novembre, la direction de l'UTM organisait un vote à bulletin secret pour "demander leur avis aux étudiantEs" sur la suite des évènements. Les étudiantEs devaient se positionner pour ou contre la poursuite du blocage.
Cependant, une partie des étudiantEs ont boycoté ce processus qui ne reconnait pas le principe de l'assemblée générale et ont empêché le déroulement du vote. Suite à ces évènements, le président de l'université a decidé de la fermeture administrative de la fac qui se sera effectif à 17h ce soir.
Le risque a venir est évidemment une expulsion des étudiantEs qui occupent les locaux actuellement, expulsion qui pourra se faire par la force comme ca a été le cas à Montpellier ou à Rennes, par exemple.
Appel à tous les étudiantEs en lutte et autres personnes concernées par le mouvement à se tenir prêt à soutenir les étudiantEs engagées dans la lutte si nécessaire dans les heures ou jours à venir.


Appel de la coordination nationale de Lille dimanche 25 novembre 2007.
"Plus de la moitié des universités sont en blocage total ou partiel et plus de 60 universités sont touchées par la mobilisation.
Nous, étudiants de 67 universités, réunis en Coordination nationale les 24-25 novembre 2007 à Lille, adoptons l’appel suivant.
Nous appelons à un véritable service public dans tous les domaines : éducation, santé, transports, protection sociale ce qui implique un réengagement massif de l’État dans le financements de l’enseignement supérieur et la recherche, la titularisation des précaires, l’augmentation des salaires et du point d’indice dans la fonction publique....
Nous reprenons l’appel de la coordination de Tours à la journée de mobilisation mardi 27 novembre.
Nous appelons à faire du jeudi 29 novembre une manifestation nationale étudiants/lycéens.
Nous appelons à une journée nationale de solidarité avec les sans-papiers le lundi 3 décembre.
Nous proposons une prochaine journée de mobilisation interprofessionnelle le mardi 4 décembre.
Nous rejoindrons toute initiative proposée par les salariés en grève : leur combat est aussi le nôtre.
Nous appelons tous les jeunes et les salarié.es à se saisir de ces dates pour nous rejoindre dans la grève. Nous appelons à la tenue de réunions interprofessionnelles dans toutes les villes."
Lire l'appel complet:
http://mirailenlutte.info/article.php3?id_article=242
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