Nous publions ici la communique de presse de l'UD CGT ESSONNE(91) et une article de fond trouvé sur www.afrik.com et une article de LE MONDE.
La CGT 91, qui revendique une première victoire , promet qu’elle continuera le combat pour la douzaine d’autres camarades qui sont jugés « irrégularisables » pour avoir porté des accusations d’exploitation contre leur employeur.
La lutte pour la régularisation de tout les travailleurs sans papiers continue.
Restons mobilisé!!
Buffalo Grill
première victoire,
20 régularisations de salariés « sans papiers »
Communiqué de presse
Depuis le 29 mai dernier, les salariés « sans papiers » en grève à Buffalo Grill, avec le soutien de l'Union Départementale CGT de l-Essonne, ont mené une lutte syndicale exemplaire.
Depuis le 3 juillet, à l'invitation du Préfet de l'Essonne, les représentants du directoire de Buffalo Grill France et de l'Union Départementale CGT de l'Essonne (Marc Roumejon, secrétaire général et Raymond Chauveau, membre du Bureau de l'UD) ont participé à une table ronde déclinée en trois séances de travail et se terminant ce jour à 13 heures.
Pour l'UD CGT 91 et l'ensemble des salariés « sans papiers », la régularisation de 20 salariés « sans papiers » de Buffalo Grill est une première victoire.
La reconnaissance dans leurs droits pour ces salariés est le résultat d'une campagne syndicale avec le concours de plusieurs milliers de soutiens en France, en Europe et dans le Monde.
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Traitement à deux vitesses pour les sans-papiers de Buffalo Grill
Les plus virulents contre le restaurateur n’ont pas été régularisés
vendredi 6 juillet 2007, par Saïd Aït-Hatrit
Vingt sans-papiers de la chaîne de restaurants Buffalo Grill ont été régularisés jeudi au prix du sacrifice d’une douzaine d’autres. Ces derniers sont jugés « irrégularisables » pour avoir porté des accusations d’exploitation contre leur employeur. L’enseigne internationale devra les aider à retourner dans leur pays, ce dont la CGT, l’un des négociateurs, ne veut pas entendre parler.
Vingt travailleurs sans-papiers ont été régularisés jeudi au terme d’une négociation de trois jours entre leur ex-employeur, Buffalo Grill, la préfecture de l’Essonne et le syndicat de la Confédération générale du travail (CGT). Au total, ils étaient cinquante et un employés de l’enseigne internationale à manifester depuis fin mai, dans le restaurant de Viry-Châtillon (Essonne), d’abord, puis sur son parking, pour leur régularisation. Ils avaient été employés durant plusieurs années avant de s’être récemment vu licenciés ou menacés de l’être, pour présentation de faux papiers lors de leur embauche. Suite à un contrôle de la gendarmerie dans un Buffalo Grill des Yvelines, en février dernier, l’enseigne a fait le ménage dans tous ses restaurants en assurant avoir été « abusée » par ses travailleurs sans-papiers.
Gérard Moisselin, préfet de l’Essonne, qui a le pouvoir discrétionnaire de régulariser un tiers, a déclaré à l’AFP que son choix s’est effectué « sur critères ». Parmi ceux-ci : l’intention de réembauche de l’entreprise. Et Buffalo s’est engagé à proposer de nouveaux contrats de travail à vingt de ses employés, « à titre exceptionnel », en prenant en compte leur ancienneté dans l’entreprise, selon le communiqué de « sortie de crise » co-signé par les négociateurs.
Les diffamateurs non régularisés

Durant leurs longues et pluvieuses semaines de lutte, douze employés sans-papiers sont allés au charbon devant la presse, à visage découvert, pour dénoncer la manière dont leur employeur a profité de leur précarité. Ceux-là restent sur le tapis. « La direction de Colony Capital (fond d’investissement propriétaire depuis 2005 des la chaîne de restaurant)/Buffalo Grill a opposé un veto absolu à leur réembauche et leur a donc fermé la porte de la régularisation », a expliqué jeudi Raymond Chauveau, l’un des négociateurs de la CGT, lors d’une conférence de presse.
L’entreprise leur reproche « de très graves accusations tenant à l’existence, au sein de l’entreprise, d’un système anormal d’embauche doublées d’accusations d’exploitation raciste voire négrière ». Des accusations qu’elle juge « diffamatoires » mais que les principaux concernés maintiennent. « Tout ce que nous avons dit, c’est la réalité », a déclaré à l’AFP Issa Camara, non régularisé. Quant à Saloum Cissokho, licencié en février du Buffalo Grill d’Orgeval (Yvelines), il assure que « si c’était à refaire, [il] n’hésiterait pas une seule seconde ». La CGT, qui revendique une « première victoire », promet qu’elle « ne laissera pas ces camarades sur le bord du chemin ».
Lavé des accusations d’exploitation, Buffalo paye quand même
L’organisation syndicale a renouvelé « de haute lutte » son exploit d’octobre 2006, lorsqu’elle a obtenu la régularisation d’ex-employés irréguliers de la blanchisserie industrielle Modéluxe. Mais Buffalo-Grill s’est également bien battu. La société a obtenu que la CGT admette, « animée par la défense des intérêts des employés sans-papiers (...), que les accusations portées contre Buffalo Grill sont en l’état infondées ». Une petite phrase qui a dû lui coûter. Le syndicat avait dénoncé durant le conflit « un système où la main d’œuvre corvéable et jetable à merci ».
Puisqu’il n’est pas coupable de l’emploi d’étrangers dépourvus d’autorisation de travail, Buffalo Grill n’aura pas à s’acquitter de la « contribution spéciale ». Le montant de cette amende, versé à l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (Anaem), est notamment représentatif des frais de réacheminement des étrangers en situation irrégulière. Pourtant, l’accord signé jeudi prévoit que le restaurant, « à la demande de l’administration », verse une somme à l’organisme publique pour aider ses anciens salariés non régularisés à retourner dans leurs pays d’origine.
Petit arrangement entre négociateurs ? Contactée vendredi, l’Anaem n’a pas été en mesure d’indiquer le jour même à Afrik si une telle procédure était exceptionnelle. Sur ce point, « non seulement nous n’avons pas de mot à dire, mais nous n’avons pas voulu dire un mot, a en revanche souligné Raymond Chauveau. C’est un accord entre l’administration et Buffalo-Grill. Il ne nous concerne pas. »
LIEN:Traitement à deux vitesses pour les sans-papiers de Buffalo Grill
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Régularisation de vingt salariés sans papiers de Buffalo Grill
LE MONDE | 06.07.07 |
Le préfet de l'Essonne, Gérard Moisselin, a annoncé, jeudi 5 juillet, la régularisation de 20 sans-papiers, salariés et ex-salariés de Buffalo Grill. Depuis le 29 mai, 68 personnes en situation irrégulière travaillant dans 25 restaurants de la région parisienne occupaient le steak house de Viry-Châtillon avant d'en être expulsées, mardi 3 juillet.
L'enseigne leur reproche d'avoir présenté à son insu de faux papiers lors de leur embauche. Licenciés, démissionnaires ou en grève, ces cuisiniers affirment, au contraire, que l'enseigne connaissait leur situation. D'après eux, la seule photocopie d'une carte de séjour - souvent fausse - a suffi pour les embaucher (Le Monde du 15 juin).
Après plus d'un mois de lutte, ces Maliens pour la plupart, espéraient tous être régularisés. Mais pour accorder une "vraie" carte de séjour, le préfet de l'Essonne s'est appuyé sur une combinaison de critères : l'ancienneté du séjour dans le pays (plus de dix ans), dans l'entreprise (au moins cinq ans) ou encore la situation familiale (enfants ou parents de nationalité française)... "C'était une approche individuelle", explique M. Moisselin. Les célibataires ou ceux récemment arrivés en France ont été de facto exclus.
Il y avait une condition sine qua non à cette régularisation. Elle dépendait de Buffalo Grill. L'enseigne devait s'engager à les réembaucher. "Non seulement on va le faire, explique la direction, mais les salariés conserveront leurs années d'ancienneté."
Dans un communiqué, Buffalo Grill dit faire preuve "d'humanisme" malgré "de très graves accusations (...) d'exploitation raciste, voire négrière". Dans ce même communiqué, la CGT, qui a pourtant fortement relayé ces "accusations", affirme qu'elles sont désormais "infondées". "Si on n'admettait pas cela, on n'obtenait rien", concède Raymond Chauveau, délégué départemental CGT.
Selon lui, le fonds d'investissement américain, Colony Capital, propriétaire de Buffalo Grill, a posé ses conditions en mettant un "veto définitif" sur la réembauche de 12 sans-papiers qui avaient tenu dans la presse des propos que l'enseigne a estimés "diffamatoires". "On était obligé de dire cela, insiste Camara Issa, 40 ans, deux ans au Buffalo de Montlhéry, qui n'a pas été régularisée. Je peux vous jurer que ces accusations sont vraies."
L'enseigne a aussi décidé de verser à l'Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations (Anaem) une somme participant à l'aide au retour dans les pays d'origine des non-régularisés. Mais ces derniers ne sont pas prêts à partir. Pour eux, "le combat continue", mais dans la clandestinité.
Mustapha Kessous
Article paru dans l'édition du 07.07.07.
LIEN: Régularisation de vingt salariés sans papiers de Buffalo Grill
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