Ce matin de 5h à 9h nos militants ont distribués des tracts (voir photo) informant les salariés de Leclerc Roques de leur droits et l’existence de notre permanence CGT à Portet.
L’information était chaleureusement accueilli et ça a visiblement énervé le directeur et 3 de ses cadres qui ont essayer de nous chasser avec des menaces d’appeler les gendarmes entre autres mais vu qu’ils n’ont pas réussi de nous intimider ils ont décider d’en prendre aux salariés qui acceptaient nos tracts.Les salariés avait droit a une comité d’accueil patronale qui les ont obligés a jeter les tracts dans une poubelle avant d'entrer au travail.Malgré tout nous avons garder notre calme, bonne humeur et fighting spirit.
Si le directeur qui se vantait d’être un patron social n’a rien à se reprocher pourquoi il a réagi avec des menaces et de la censure ? En effet Leclerc est bien connu pour l’exploitation allant jusqu'à la séquestration de leurs employés !! Voir l'article suivant:
Les syndicats mobilisés auprès des salariés séquestrés en juin au Leclerc de Montbéliard.
«J'ai envie de porter plainte, mais je vais perdre ma place»
Par Thomas CALINON
QUOTIDIEN : Vendredi 20 octobre 2006 - 06:00
Montbéliard envoyé spécial
Hier matin, sur le parking de l'hypermarché Leclerc de Montbéliard (Doubs),
la CGT distribuait des tracts aux quelque 280 salariés de la grande surface, et incitait les «employés séquestrés» à agir en justice pour défendre leurs droits. Car depuis que la grande surface a été placée sous les feux médiatiques en raison des pratiques pour le moins iconoclastes de sa direction, rien ne bouge.
Rappel des faits : le 30 juin au soir, l'hyper est en plein inventaire.
La Direction départementale du travail (DDT) se présente pour un contrôle. Depuis plusieurs mois, elle enquête sur des heures supplémentaires non rémunérées. Aux côtés des inspecteurs du travail, il y a des agents de l'Urssaf et quatre policiers. «
La DDT pensait que les salariés en heures sup non déclarées risquaient de prendre la fuite par des issues dérobées. Visiblement, c'est l'inverse qui s'est passé...», commente le procureur de
la République de Montbéliard, François Pucheus. A l'intérieur, des cadres rassemblent précipitamment plusieurs dizaines de salariés dont la présence pose problème au regard du code du travail. On les conduit en silence à la réserve textile, on leur interdit de téléphoner, on ferme la porte à clef. Le but est qu'ils ne croisent pas la route des inspecteurs. «On n'a pas eu d'explications, on se demandait pourquoi on était là, témoigne l'un de ces salariés. On était dans cette réserve comme des travailleurs clandestins, ça a duré trois quarts d'heure, dans le noir, juste avec la lumière des issues de secours.»
«Flicage». L'affaire est révélée par l' Est républicain début juillet. Elle tombe aux oubliettes. Fin septembre, une dépêche la remet au goût du jour, relayant une conférence de presse de
la CGT qui annonce vouloir se constituer partie civile dans ce dossier. Déferlement médiatique. Dans les allées de l'hyper, on filme en caméra cachée. D'anciens salariés témoignent, visage masqué. Ils évoquent un «flicage» permanent à l'intérieur du magasin, dénoncent la pratique récurrente des heures supplémentaires non payées. Le PDG du Leclerc, Bernard Canonne, reconnaît les faits du 30 juin et présente ses excuses. Selon lui, il s'agit d'une «dissimulation provisoire» plutôt que d'une «séquestration», un mauvais réflexe du directeur du magasin, qui est mis à pied pour dix jours, «seule sanction envisagée en l'état actuel» de l'affaire. De son côté, le groupe de distribution Leclerc annonce qu'une «enquête interne est engagée auprès de l'adhérent propriétaire du magasin de Montbéliard». Toujours en cours, elle «repose sur un audit social mené par un cabinet indépendant». Mais sur le terrain judiciaire, pas grand-chose. A ce jour, le procureur indique n'avoir reçu aucune plainte pour séquestration.
«Les gens ont peur, il y a une pression à tous les niveaux», explique Cyril Keller, secrétaire de
la CGT dans le pays de Montbéliard. «Porter plainte, ce n'est pas l'envie qui m'en manque, mais je vais perdre ma place», confirme une employée séquestrée. Cette réticence à dénoncer les faits a été perçue dès le 30 juin par
la DDT. «Quand les gens sont sortis du magasin dans la soirée, par petits groupes, beaucoup disaient qu'ils n'avaient rien à dire, qu'ils avaient fait leurs heures, que tout était normal», raconte Alain Dougy, le directeur de
la DDT. L'employée séquestrée explique : «On a dit ce qu'on nous avait dit de dire quand on nous a libérés. Quand l'inspection du travail nous a interrogés, il y avait des cols blancs derrière nous.» Par la suite, l'inspection du travail a auditionné 80 salariés dans ses bureaux. Elle en a conclu qu'au moins 45 personnes avaient été enfermées.
«Plaie». «L'inspectrice chargée du dossier a tapé en plein dans le mille, relate Alain Dougy. C'est la première fois qu'on arrive à prouver une fraude massive. Mais à côté de ça, il y a quantité d'affaires qui n'aboutissent pas faute de preuves et parce que les gens qui viennent se plaindre d'heures sup non payées veulent rester anonymes. Les heures sup, c'est la grande plaie du secteur de la grande distribution. Cette branche professionnelle mériterait des reportages. Il y a une chape de silence. En plus, il y a peu de syndicats, on n'a pas les relais habituels.»
La CGT confirme. Sur neuf hypermarchés dans le Doubs, toutes enseignes confondues, le syndicat n'est implanté que dans trois établissements. «C'est dû à la précarité, aux bas salaires, affirme François Gaugy, responsable départemental du commerce CGT. 70 à 80 % des salariés sont à temps partiel, souvent subi. On leur dit : "Je te laisse faire des heures supplémentaires s'il n'y a pas de vagues". Dès qu'on s'inscrit sur une liste syndicale, on sait qu'on n'aura pas d'avancement. Suivant les directeurs, c'est brimades, changement de rayon ou d'horaires. Les heures supplémentaires, c'est très répandu dans les enseignes, surtout au niveau des caisses. Les gens ont le réflexe de venir nous voir, mais ils ne veulent surtout pas qu'on intervienne. Des dames nous disent : "Je fais 20 heures par semaine, j'ai une fille à élever, alors surtout, ne faites rien !" Quand on entend ça, on a tout compris...»
«A dix, c'est jouable». Dans le cas du Leclerc de Montbéliard, François Gaugy redoute que personne n'ose porter plainte. Mais Cyril Keller garde «bon espoir» : «Un salarié tout seul, il ne faut pas y aller. A dix, c'est jouable.» Le procureur aborde le dossier avec prudence. Il vient de recevoir le «soit-communiqué» du juge d'instruction, chargé du dossier Leclerc depuis près d'un an, dans le cadre d'une plainte pour faux témoignage, déposée par la grande surface suite à un conflit aux prud'hommes pour des heures sup non payées. Lecture faite du procès verbal de
la DDT , le juge estime qu'il faut élargir sa saisine aux faits de «travail dissimulé» et de «séquestration». Peut-être l'occasion de faire avancer une affaire dont les victimes s'enfoncent dans le silence.
http://www.liberation.fr/actualite/economie/211860.FR.php
et celui la plus récent qui concerne des syndicalistes FO:
L’Humanité | Christelle Chabaud - Le 26 janvier 2007
« Ces gens-là veulent juste bouffer du patron »
vendredi 26 janvier 2007 par Christelle Chabaud
Distribution . Rien ne va plus dans le Leclerc de Vandoeuvre, près de Nancy, depuis l’implantation d’une cellule syndicale. Demain, onze salariés sont convoqués en vue d’une sanction... Voire d’un licenciement.
Yannick se définit comme un « amoureux du travail », un amoureux de « son » Leclerc. Regard dans le vague, il ne démêle pas comment « après six ans de bons et loyaux services » pour l’hypermarché de Vandoeuvre, dans la banlieue de Nancy, sa volonté d’améliorer à son niveau le « dialogue » a fait de lui un « paria » dont se serait même moqué l’humoriste Nicolas Canteloup. C’était dimanche 14 janvier, dans les salons de l’hôtel de ville de Nancy, à l’occasion d’une réception organisée par le PDG de l’hypermarché, Jacques Rousselot, pour une remise des « trophées du mérite » aux salariés les plus anciens. Présenté comme « spectacle surprise » de la soirée, l’imitateur des Guignols de l’info, que l’Humanité a tenté de joindre en vain, aurait, selon plusieurs témoignages concordants, fait rire l’assistance avec des jeux de mots sur Poirot, le nom de famille de Yannick, et sur FO, « le syndicat qu’il ne vous FO pas ». De biens curieux jeux de scène lorsqu’on sait que Yannick a justement été nommé délégué syndical de Force ouvrière fin juin 2006... La première fois qu’un syndicat franchit les portes de la grande surface depuis son ouverture en 1984.
Des « primes de gratification » à la tête du client, plusieurs semaines de travail enchaînées non-stop sans jour de repos, horaires fragmentés des caissières, absence de prime d’ancienneté, salaires à 849 euros par mois, impossibilité de prendre un congé quand son enfant est malade, un directeur qui ne dit jamais « bonjour », plusieurs salariées de la cafétéria qui se plaignent de harcèlement moral, absence de réunion du CHSCT depuis 2003... Les contestations du personnel arrivent dans le désordre aux oreilles de Yannick. « À la mi-octobre, pratiquement un tiers des 300 salariés a sa carte d’adhésion », un record dont se félicite Jeanine Lecot-Lothoré, la secrétaire fédérale responsable de la grande distribution chez FO.
Dans les résultats 2005, les employés découvrent une chute de 40 % de la participation au bénéfice sans avoir constaté de baisse sensible de fréquentation. Le comité d’entreprise vote une expertise des comptes... Au grand dam du PDG et de son directeur administratif qui estiment que « les cabinets d’expertise sont cul et chemise avec les syndicats ». Également président de l’ASNL, le club de foot de Nancy, le PDG Jacques Rousselot réunit dans les jours suivants les 300 salariés dans le hall du magasin. « Sans ironie aucune, il nous a expliqué qu’il savait ce que c’était que de gagner 3 000 euros par mois... On est resté sans voix car déjà en gagner la moitié nous suffirait », se souvient Edwige, hôtesse de caisse depuis onze ans. À la fin de son discours, Jacques Rousselot lance une invitation générale pour assister à l’événement régional du week-end : le match de Nancy contre le Feyenoord Rotterdam en Coupe de l’UEFA... « Avant d’expliquer qu’il n’avait malheureusement que 297 places et n’inviterait donc ni Yannick, ni Corinne, ni moi », à ses yeux les trois membres clés du syndicat. « C’était de l’humiliation publique. »
Des pétitions anti-FO commencent à circuler. « Pendant nos heures de délégation, on se fait espionner dans les rayons pour savoir quels sont les salariés sensibilisés, explique Yannick, dépité. Certains membres de la direction auraient même suggéré à demi-mot que ceux qui rendent leur carte FO sont susceptibles d’avoir des augmentations. » Lors des négociations annuelles sur les salaires Yannick et Olivier, un agent de maîtrise non syndiqué, n’obtiennent que la promesse d’installer un distributeur automatique de sandwichs et un frigo. Alain Durand, le numéro 3 de l’entreprise, s’explique. « On veut bien être gentil mais on n’avait pas envie de donner plus alors que ces gens-là veulent juste bouffer du patron et planter l’entreprise. Il ne faut pas demander le Pérou. Chez Leclerc, c’est comme ça, les prix sont bas et les salaires aussi. »
Le 15 décembre, un agent de sécurité refuse l’entrée à Olivier et l’informe qu’il est mis à pied. Alerté par téléphone, Yannick, accompagné de huit collègues, sort du magasin. La bagarre est évitée de justesse. « Pendant douze jours, j’ai été consigné sans savoir pourquoi », se souvient ce trentenaire qui chaque jour arpentait 100 km de route pour venir travailler. Deux jours après Noël, il reçoit sa lettre de licenciement : la direction lui reproche d’avoir cassé un panneau plastique en enlevant des produits avariés, de perturber la clientèle en discutant dans les rayons et d’avoir abandonné son poste pendant sa permanence. « Ce dernier point est vraiment malhonnête car depuis six ans je fais une rapide pause déjeuner à la cafétéria avec l’accord de mon chef. » Aujourd’hui, il n’a toujours pas reçu son solde de tout compte et ne peut pas s’inscrire aux ASSEDIC.
Nouveau rebondissement début janvier, pendant le week-end de la - remise des trophées. Maxime, un jeune salarié qui a « la hantise de l’inactivité », se voit notifier sa mise à pied conservatoire. Fan de l’équipe de foot, « Max » ne sait pas ce qu’on lui reproche. « Sans le bac, c’est pas facile de trouver un boulot ici, et dans l’armée, j’ai pas tenu plus d’un mois. Alors si je me suis intéressé aux activités de FO, c’était pour améliorer mon travail, pas pour le détruire. » Il est convoqué demain matin, mais ne sera pas le seul. Car depuis deux semaines, dix autres personnes ont reçu une lettre de convocation de la direction... Sans raison apparente, « si ce n’est leur sympathie pour nous », explique Yannick.
Ces six derniers mois ont métamorphosé le rapport de Yannick à son travail. « Je n’ai plus envie d’y aller, confie-t-il. Chaque matin quand j’ouvre les yeux, j’ai une boule à l’estomac qui revient. J’ai compris que notre condition n’est pas due à l’idiotie de certains mais aux vices d’un système. » Alors comment se battre ? « Si rien n’est fait contre le licenciement des collègues, je crois que je n’aurais plus rien à attendre de l’État- français ! Pour l’instant, nous avons encore les lois avec nous pour monter un syndicat ou demander une expertise, mais demain si Sarkozy passe, le monde du travail ne sera plus qu’un enfer. »
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